Belial vocatur occupe une place singulière dans le Codex Las Huelgas, l’un des grands manuscrits de la polyphonie médiévale.

En fait, cette œuvre anonyme ne nous est connue que par ce manuscrit découvert et conservé au monastère de Las Huelgas (photo), près de Burgos en Espagne. Il faut savoir que ce codex rassemble des œuvres composées entre le XIIe et le début du XIVe siècle. Surtout, il témoigne de la pratique musicale de la communauté cistercienne féminine qui réside toujours en ce lieu. Cependant, cette origine ne doit pas amener à considérer ce recueil comme ne reprenant que des morceaux destinés aux voix féminines.
D’emblée, le texte intrigue par son ouverture consacrée à Bélial, figure biblique associée au mal. Puis, le poème évoque la ruse, la guerre et l’amour dans une succession d’images difficiles à relier. Pourtant, son propos prend progressivement une dimension chrétienne. Ainsi, le texte évoque Siméon portant Jésus dans ses bras après la Présentation au Temple. Enfin, Belial vocatur s’achève sur la formule "Benedicamus Domino", qui signifie "Bénissons le Seigneur".
Belial vocatur : un témoignage précieux du moyen-âge
Musicalement, Belial vocatur appartient au répertoire de l’Ars antiqua, la polyphonie savante du XIIIe siècle. Surtout, l’œuvre se distingue par son écriture à quatre voix, peu fréquente dans certaines sections du Codex Las Huelgas. Cependant, la notation médiévale ne fournit pas toutes les indications nécessaires pour restituer exactement son interprétation d’origine. Ainsi, les interprétations actuelles proposent différentes distributions vocales et différents choix d’ornementation.
Par ailleurs, Belial vocatur illustre la richesse du répertoire conservé par Las Huelgas. En effet, ce manuscrit réunit des œuvres liturgiques et paraliturgiques issues de plusieurs générations de compositeur·rices. Surtout, certaines pièces n’existent dans aucune autre source médiévale, comme c'est le cas pour Belial vocatur. De ce fait, chaque détail de cette œuvre contribue directement à une meilleure connaissance de la polyphonie médiévale. Enfin, son texte énigmatique et sa musique à quatre voix en font l’une des pièces les plus originales du "Codex Las Huelgas".
Le Seigneur de tous, porté dans les bras de Siméon...
(Extrait des paroles)
Ci-dessous, vous pourrez explorer les voix à écouter et à répéter de cette bel exemple de polyphonie médiévale, Belial vocatur, dans cette version à 4 voix mixtes ou égales.
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1. Belial vocatur - Anonyme du XIIIe siècle - 4 voix
2. Belial vocatur - Anonyme du XIIIe siècle - soprano
3. Belial vocatur - Anonyme du XIIIe siècle - alto
4. Belial... - tenor
5. Belial... - baryton
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